Louer un logement à des voyageurs en Angleterre en 2026 ne demande pas encore de numéro d'enregistrement national, mais le gouvernement britannique prépare un registre obligatoire dont l'ouverture est désormais attendue en mars 2027, et le régime fiscal spécial des locations de vacances a déjà disparu. Pour un hôte, ou pour une conciergerie qui gère un bien outre-Manche, la bonne approche tient en une phrase : appliquer dès maintenant les règles de sécurité, d'urbanisme et de fiscalité qui existent, et préparer l'inscription au futur registre.
Cet article est écrit pour les hôtes qui louent en Angleterre. Il s'appuie sur la fiche « Letting out a self-catering holiday home in England » de GOV.UK, sur les pages de HM Revenue and Customs (HMRC) consacrées à la fin du régime des Furnished Holiday Lets, sur les consignes fiscales de GOV.UK pour les revenus locatifs et, pour l'Écosse, sur les pages du gouvernement écossais. Le Pays de Galles et l'Irlande du Nord ont leurs propres règles, que nous n'avons pas traitées.
Dernière vérification des sources : 13 octobre 2026. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles peuvent changer, notamment la date du registre : à vérifier selon votre situation et auprès de votre collectivité locale.
Quelles règles s'appliquent à une location de vacances en Angleterre en 2026 ?
Une location de vacances en Angleterre relève de plusieurs règles qui se cumulent : le futur registre national, l'urbanisme local, la fiscalité des revenus locatifs, la sécurité du logement et l'assurance. La fiche de référence est le guide « Letting out a self-catering holiday home in England: rules and regulations » de GOV.UK, publié le 25 mars 2026 et mis à jour le 2 octobre 2026. Il s'adresse aux propriétaires qui louent un logement en auto-hébergement (cottages, appartements, lodges ou équivalents) à des voyageurs payants, pour des séjours de loisirs ou de vacances, et il s'applique à l'Angleterre.
Cette fiche liste, dans cet ordre, les points suivants : enregistrement (non encore en vigueur), permis d'urbanisme, business rates, impôts, sécurité incendie, sécurité du gaz et du monoxyde de carbone, sécurité électrique, licences pour la télévision et la musique, certificat de performance énergétique (EPC), assurance, et contact avec la collectivité locale. Le tableau ci-dessous résume qui décide de quoi.
| Sujet | Où se décide la règle | État en octobre 2026 |
|---|---|---|
| Registre national des locations de courte durée | Gouvernement britannique | Annoncé, non encore en vigueur |
| Permis d'urbanisme | Autorité locale d'urbanisme (le conseil) | En vigueur, décision au cas par cas |
| Business rates ou council tax | Collectivité locale | En vigueur, selon le classement du bien |
| Impôt sur les revenus locatifs | HMRC | Régime FHL supprimé depuis avril 2025 |
| Sécurité (incendie, gaz, électricité) | Textes et guides officiels, dont HSE | En vigueur |
| Assurance | Choix de l'hôte, recommandée par GOV.UK | À souscrire |
Le registre national est-il obligatoire dès aujourd'hui ?
Non : le registre national des locations de courte durée en Angleterre n'est pas encore en vigueur. La fiche de GOV.UK le classe sous l'intitulé « Register your property (not yet in force) », écrit que le gouvernement introduit un système national obligatoire d'enregistrement pour l'Angleterre, et précise, dans sa mise à jour du 2 octobre 2026, que son début est désormais attendu en mars 2027. Le mot « désormais » indique que la date a été revue lors de cette mise à jour : ne basez pas un calendrier d'investissement dessus.
Pourquoi ce registre ? Selon le communiqué du gouvernement de avril 2023, l'objectif est de savoir combien de locations de courte durée existent et où elles se trouvent, afin de mesurer leur effet sur les communautés locales. Selon la page de la consultation préalable, près de 4 000 réponses ont montré un soutien à un registre « léger », et la loi qui le permet a été introduite par le projet de loi Levelling Up and Regeneration en décembre 2022.
Ce que nous ne pouvons pas vous donner aujourd'hui : le format du numéro, son coût, les logements concernés et les sanctions. Les pages consultées ne les détaillent pas, et nous n'avons pas pu lire la page de GOV.UK qui explique le fonctionnement du futur registre. Tout chiffre à ce sujet serait une invention : suivez la page officielle et celle de votre conseil local.
En France, un dispositif comparable existe déjà : voir notre article sur la loi Le Meur et la déclaration Declaloc pour les règles d'enregistrement françaises, qui n'ont aucune valeur en Angleterre.
Que change la fin du régime des Furnished Holiday Lets ?
Depuis le 6 avril 2025, le régime fiscal spécial des Furnished Holiday Lets (FHL) n'existe plus : un hôte anglais est imposé comme un propriétaire qui loue un logement résidentiel ordinaire. HMRC présente cette mesure comme la suppression des avantages fiscaux dont bénéficiaient les loueurs de courte durée par rapport aux loueurs de logements résidentiels classiques. La fiche de GOV.UK ajoute que, à partir de l'année fiscale 2025-2026, tous les revenus de logements de vacances en auto-hébergement sont imposés selon les règles habituelles des propriétaires, et que les anciens allègements FHL ne s'appliquent plus.
Le manuel de HMRC précise les dates dans sa page PIM4170 : les règles FHL cessent de s'appliquer pour les années fiscales commençant à partir du 6 avril 2025 en impôt sur le revenu et en plus-values, et à partir du 1er avril 2025 pour l'impôt sur les sociétés. Il prévoit aussi des cas transitoires pour la dernière année : pour un logement mis en location en 2024-2025, la période d'application des tests d'occupation peut dépasser le 5 avril 2025, et les élections de moyenne ou de période de grâce restent possibles pour 2024-2025.
| Point | Ancien régime FHL | Depuis 2025-2026 |
|---|---|---|
| Traitement fiscal | Régime spécial des locations de vacances | Règles des revenus de location résidentielle |
| Tests d'occupation (dont 105 jours de location) | Conditions pour bénéficier du régime | Plus d'objet, sauf cas transitoires 2024-2025 |
| Source officielle | HMRC, manuel PIM4100 et suivants | GOV.UK et HMRC, PIM4170 |
Cet article ne détaille pas les conséquences chiffrées (amortissement, frais financiers, plus-values) : elles dépendent de la situation de chaque propriétaire, et nous n'avons lu que la présentation officielle de la mesure. Pour la comparaison avec la fiscalité française, voir notre guide de la fiscalité de la location courte durée.
À partir de quand faut-il déclarer ses revenus de location ?
Pour un logement que vous détenez personnellement, les premières 1 000 livres de revenus locatifs sont exonérées. La page « Renting out your property: Paying tax and National Insurance » de GOV.UK l'appelle le « property allowance ». Entre 1 000 et 2 500 livres de revenus par an, elle demande de contacter HMRC. Il faut déclarer ses revenus dans une déclaration Self Assessment au-delà de 2 500 livres après charges déductibles, ou de 10 000 livres avant charges. Un hôte qui ne remplit pas habituellement de déclaration doit s'inscrire avant le 5 octobre qui suit l'année fiscale concernée.
| Revenu locatif brut annuel (bien détenu à titre personnel) | Démarche indiquée par GOV.UK |
|---|---|
| 1 000 livres ou moins | Exonéré (property allowance), pas de déclaration dans ce cas |
| Plus de 1 000 et jusqu'à 2 500 livres | Contacter HMRC |
| Plus de 2 500 livres après charges, ou plus de 10 000 livres avant charges | Déclaration Self Assessment |
La page de GOV.UK sur les allocations exonérées ajoute que l'allocation est de 1 000 livres par année fiscale et qu'elle existe pour le revenu immobilier et, séparément, pour le revenu d'activité. Elle ne peut pas être utilisée dans tous les cas : lisez la section « When you cannot use the allowances » avant de l'appliquer, car certaines situations sont exclues. Les seuils ci-dessus valent pour les particuliers. Une société ou une structure en conciergerie est soumise à d'autres règles que nous ne détaillons pas ici.
Faut-il un permis d'urbanisme pour louer en courte durée ?
Cela dépend de la collectivité locale : en Angleterre, c'est l'autorité locale d'urbanisme qui décide, au cas par cas, si votre usage de courte durée nécessite un permis. La fiche de GOV.UK l'écrit ainsi : la décision se fonde sur la manière dont le bien est utilisé en location de courte durée et sur son effet sur les voisins et sur la zone. Elle invite à contacter le conseil pour savoir si un permis est nécessaire.
En 2023, le gouvernement avait proposé de créer une catégorie d'usage spécifique pour les locations de courte durée, avec une souplesse pour les propriétaires qui louent leur résidence principale un certain nombre de nuits par an (30, 60 ou 90 nuits étaient en consultation), selon le communiqué d'avril 2023. La fiche de 2026 ne mentionne pas de catégorie nationale : elle renvoie à la décision locale. Nous n'avons pas pu lire la page officielle du maire de Londres sur les règles propres au Grand Londres : si votre bien s'y trouve, vérifiez la règle des nuits auprès de votre conseil de quartier avant la première réservation.
Business rates ou council tax : quelle taxe locale pour votre logement ?
Si votre bien est classé comme activité d'hébergement en auto-hébergement, vous pouvez devoir payer les business rates plutôt que la council tax. C'est la formule de la fiche de GOV.UK : si votre bien est évalué comme une activité de location en auto-hébergement, les business rates peuvent remplacer la council tax. La fiche renvoie vers deux pages détaillées, l'une sur les business rates des logements de vacances, l'autre sur leur évaluation. Nous ne donnons pas de seuil ici, car nous ne l'avons pas lu dans les pages consultées.
Quelles obligations de sécurité s'appliquent à un logement de vacances ?
La sécurité est la partie des règles la plus concrète : GOV.UK demande de respecter les consignes sur l'incendie, le gaz et le monoxyde de carbone, et l'électricité. La fiche de GOV.UK renvoie vers des guides officiels distincts pour chacun.
| Sujet | Ce que dit la fiche GOV.UK |
|---|---|
| Incendie | Guide sur la sécurité incendie des petits hébergements payants (10 personnes au plus ou 2 étages au plus) ; guide national sur l'hébergement avec couchage pour les logements plus grands ou plus complexes |
| Gaz et monoxyde de carbone | Suivre les guides du Health and Safety Executive (HSE) sur le gaz pour les propriétaires et agences, et sur les détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone |
| Électricité | Suivre le guide du HSE et le guide sur les normes de sécurité électrique dans le parc locatif privé et social |
| Certificat de performance énergétique (EPC) | Vérifier si un EPC est nécessaire, avec un lien vers le guide officiel |

Photo : Georg Pik, Wikimedia Commons, licence CC0 1.0.
Pour une comparaison avec les règles françaises en matière de détecteurs de fumée et de sécurité, voir notre guide de la sécurité incendie d'un meublé de tourisme.
Quelles assurances et licences prévoir ?
GOV.UK indique que vous devriez avoir une assurance dédiée aux locations de vacances, une assurance responsabilité civile, et une couverture du bâtiment et du contenu adaptée à la location de courte durée. Une mise à jour du 7 avril 2026 de la fiche précise que les locations de courte durée devraient être assurées. La page invite aussi à vérifier les règles locales sur l'assurance des locations de vacances.
Côté licences, la fiche mentionne deux cas : si vous mettez à disposition des téléviseurs, une TV Licence peut être nécessaire, et si vous diffusez de la musique enregistrée ou en direct en dehors de l'exemption pour la sphère privée ou domestique, une licence musicale peut l'être aussi.
Et en Écosse ? Une licence est obligatoire
En Écosse, il faut une licence de location de courte durée délivrée par le conseil local, quelle que soit la durée de la location. La page du gouvernement écossais sur la réglementation des locations de courte durée, mise à jour le 15 mai 2026, écrit que la loi a changé le 1er octobre 2022, que les nouveaux hôtes doivent obtenir une licence avant d'accepter des réservations ou de recevoir des voyageurs, et que le dispositif est obligatoire pour tous les hébergements de courte durée du pays : cottages, chambres d'hôtes, pensions, chambres au sein d'un logement, mais aussi pods et yourtes. Une licence est nécessaire, que la location dure une nuit ou plusieurs mois.
Selon la page mygov.scot (mise à jour le 9 octobre 2025), la licence dure en général 3 ans, et exploiter sans licence est une infraction pénale passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 2 500 livres, avec une interdiction possible de demander une licence pendant un an.
Le gouvernement écossais explique aussi que chaque conseil publie sa propre politique et peut désigner des zones de contrôle : Édimbourg est devenue la première zone de contrôle le 5 septembre 2022, et le ward de Badenoch et Strathspey (Highland) l'a été le 4 mars 2024. Dans une zone de contrôle, une condition d'urbanisme peut s'ajouter à la demande de licence.
Comment préparer votre logement avant l'ouverture du registre ?
La meilleure préparation tient en cinq actions, toutes possibles dès aujourd'hui :
- Contactez votre conseil local pour savoir si un permis d'urbanisme est nécessaire, si les business rates remplacent la council tax, et si des règles locales s'ajoutent.
- Vérifiez la sécurité : détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone, sécurité du gaz et de l'électricité, et nécessité d'un EPC.
- Souscrivez une assurance adaptée à la location de courte durée, avec responsabilité civile.
- Classez vos revenus : gardez vos recettes et vos charges séparément, pour la déclaration Self Assessment si vos revenus dépassent les seuils.
- Surveillez la page GOV.UK « Register your property » : c'est là que seront publiés les détails et la date d'ouverture.
Comment accueillir des voyageurs étrangers dans un logement en Angleterre ?
Un hôte britannique accueille des voyageurs de toutes nationalités, et une partie des informations de sécurité (sortie de secours, détecteurs, coupure du gaz) doit être comprise tout de suite à l'arrivée. Le livret d'accueil digital Majordia donne à chaque logement un livret accessible par QR code, avec des rubriques pour le Wi-Fi, le digicode, les contacts et les numéros d'urgence, traduit automatiquement en six langues : vous y placez les consignes de sécurité et d'accueil, sans papier à imprimer. Notre guide sur les langues du livret d'accueil détaille comment choisir les langues utiles. Majordia ne garantit pas la conformité d'un logement aux règles britanniques : il aide à communiquer les consignes à vos voyageurs.

Panneau de bienvenue multilingue à Méribel (Savoie), photo DimiTalen, Wikimedia Commons, licence CC0 ; image convertie en WebP et redimensionnée.
L'essentiel à retenir
Information
- Registre national anglais : annoncé, pas encore en vigueur ; début désormais attendu en mars 2027 (GOV.UK, mise à jour du 2 octobre 2026). Format, coût et sanctions : non précisés dans les pages consultées.
- Fiscalité : le régime des Furnished Holiday Lets est supprimé depuis le 6 avril 2025 (impôt sur le revenu et plus-values) ; revenus imposés comme une location résidentielle à partir de l'année fiscale 2025-2026.
- Seuils d'un bien détenu à titre personnel : 1 000 livres exonérées ; contact avec HMRC entre 1 000 et 2 500 livres ; Self Assessment au-delà de 2 500 livres après charges ou de 10 000 livres avant charges.
- Urbanisme et taxes locales : décision du conseil local pour le permis ; business rates possibles à la place de la council tax.
- Sécurité et assurance : incendie, gaz et monoxyde de carbone, électricité, EPC à vérifier ; assurance dédiée recommandée.
- Écosse : licence obligatoire depuis le 1er octobre 2022, quelle que soit la durée de la location ; amende possible jusqu'à 2 500 livres.
FAQ
Faut-il un numéro d'enregistrement pour louer en Angleterre en 2026 ?
Pas encore au niveau national : le registre est annoncé mais « not yet in force » selon GOV.UK, avec un début désormais attendu en mars 2027. Votre conseil local peut toutefois avoir des règles propres : contactez-le avant de publier une annonce.
Le régime FHL existe-t-il encore ?
Non. Il a été supprimé : les règles FHL cessent de s'appliquer pour les années fiscales commençant à partir du 6 avril 2025 (impôt sur le revenu et plus-values) et du 1er avril 2025 (impôt sur les sociétés), selon HMRC. Des cas transitoires existent pour 2024-2025.
Dois-je déclarer 1 500 livres de revenus de location ?
Entre 1 000 et 2 500 livres de revenus locatifs par an, GOV.UK demande de contacter HMRC pour un bien détenu à titre personnel. Au-delà de 2 500 livres après charges, ou de 10 000 livres avant charges, une déclaration Self Assessment est nécessaire. Vérifiez votre situation auprès de HMRC.
Une licence est-elle nécessaire en Angleterre comme en Écosse ?
Non en l'état : la licence obligatoire est un dispositif écossais. En Angleterre, le dispositif à venir est un registre national, qui n'est pas une licence au sens écossais. Les détails du futur registre ne sont pas encore connus.
Combien de nuits peut-on louer sans permis d'urbanisme ?
Cela dépend de l'autorité locale d'urbanisme et de la zone. Les nombres de nuits évoqués en 2023 (30, 60 ou 90) étaient une proposition en consultation, pas une règle nationale lue dans la fiche de 2026. Demandez à votre conseil, notamment à Londres.
Que faire si mon logement est au Pays de Galles ou en Irlande du Nord ?
Ces deux nations ont leurs propres règles, que cet article ne traite pas. Consultez les sites officiels de leurs gouvernements et de votre autorité locale.
Se préparer sans attendre mars 2027
Le plus utile aujourd'hui est de traiter ce qui est déjà obligatoire (sécurité, assurance, impôts, urbanisme local) et de suivre la page officielle du futur registre. Si vous gérez plusieurs logements ou si vos voyageurs viennent de plusieurs pays, un livret d'accueil digital multilingue rend les consignes de sécurité accessibles dès l'arrivée ; les formules sont détaillées sur la page Tarifs.
Crédits images. Couverture : photo « Stone cottage with thatched roof surrounded by trees » de Tanya Barrow, Unsplash, licence Unsplash. Illustrations : Georg Pik (CC0 1.0) et DimiTalen (CC0), via Wikimedia Commons ; images converties au format WebP et redimensionnées.