Déclarer ses revenus de location meublée : guide 2026

Micro-BIC ou réel, lignes 5NG, 5NH et 5NI de la 2042 C PRO, seuils de 15 000 et 77 700 €, SIRET et seuil de 23 000 € : le parcours de déclaration d'un meublé.

Équipe Majordia11 min

Déclarer ses revenus de location meublée : guide 2026

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Pour déclarer ses revenus de location meublée, on reporte le montant brut de ses recettes sur la déclaration de revenus, avec la déclaration complémentaire 2042 C PRO et le numéro SIRET obtenu à l'ouverture de l'activité. Le reste dépend de deux questions : votre meublé est-il classé, et vos recettes dépassent-elles le plafond du micro-BIC ? Ce guide suit les pages officielles de service-public.gouv.fr, de l'administration fiscale et la brochure pratique 2026 pour répondre pas à pas.

Il s'adresse aux loueurs non professionnels de meublés de tourisme (Airbnb, Booking, location directe). Il ne remplace pas l'avis d'un expert-comptable : les seuils changent d'une année sur l'autre et votre situation (autres revenus, statut, bien en société) peut modifier la réponse.

Dernière vérification des sources : 10 octobre 2026. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Les règles fiscales évoluent chaque année : à vérifier selon votre situation avant de déclarer.

Qui doit déclarer ses revenus de location meublée ?

Tout propriétaire qui loue un logement meublé à des personnes de passage doit déclarer ces revenus, sauf cas particuliers. Selon service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 15 avril 2026), les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) sont imposés au barème progressif de l'impôt sur le revenu, et leurs revenus se déclarent en bénéfices industriels et commerciaux (BIC). La fiche donne des exemples simples : louer son appartement le temps d'un week-end, ou au ski ou à la mer.

Vous êtes considéré comme loueur non professionnel si l'une des deux conditions suivantes est remplie : les recettes annuelles de votre foyer fiscal sont inférieures à 23 000 €, ou elles sont inférieures au total des autres revenus d'activité du foyer (salaires, autres BIC). Le détail du passage en statut professionnel est dans notre article sur le statut LMNP et LMP.

Quel régime choisir : micro-BIC ou régime réel ?

Le micro-BIC est un régime simplifié où l'administration applique un abattement forfaitaire à vos recettes, sans que vous déduisiez vos charges ; le régime réel, lui, permet de déduire vos charges et l'amortissement. Selon service-public.gouv.fr, les seuils dépendent du type de meublé, et la fiche distingue les recettes perçues en 2025 (déclarées au printemps 2026) de celles perçues en 2026 (déclarées en avril 2027).

Type de location meubléePlafond micro-BIC, recettes 2025Plafond micro-BIC, recettes 2026Abattement forfaitaire
Meublé de tourisme non classé15 000 €15 000 €30 %
Meublé de tourisme classé ou chambre d'hôtes77 700 €83 600 €50 %
Autre location meublée (longue durée)77 700 €83 600 €50 %

Au-dessus du plafond, le régime réel s'applique de plein droit. Sous le plafond, le micro-BIC s'applique sauf si vous optez pour le réel : l'option se reconduit ensuite tacitement chaque année, sauf renonciation, et elle devait être exercée avant la date limite de dépôt de la déclaration (au printemps 2026 pour les revenus de 2025, selon la fiche). Si vos recettes sont inférieures à 305 €, vous ne payez aucun impôt au titre du micro-BIC. La page « Les locations meublées » d'impots.gouv.fr (mise à jour le 8 avril 2026) confirme les plafonds de 15 000 € pour les meublés de tourisme non classés et de 77 700 € pour les chambres d'hôtes et les meublés classés, avec un abattement de 30 % ou de 50 %. La brochure pratique 2026 de l'administration fiscale rappelle l'origine de ces taux : la loi Le Meur du 19 novembre 2024 (article 7) fixe l'abattement à 50 % pour les meublés classés et les chambres d'hôtes jusqu'à 77 700 € de revenus annuels, et à 30 % pour les meublés non classés jusqu'à 15 000 €.

Pourquoi le classement pèse-t-il autant ? Parce qu'un meublé classé peut rester au régime simplifié avec plus de cinq fois plus de recettes (77 700 € contre 15 000 €) et bénéficie d'un abattement plus élevé. Notre guide du classement en meublé de tourisme détaille les démarches.

Gîte rural à Bardenac, en Charente, avec toit de tuiles et façade couverte de lierre
Gîte rural à Bardenac, en Charente, avec toit de tuiles et façade couverte de lierre

Photo : Jack ma, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.

Quel formulaire et quelles lignes remplir ?

Le micro-BIC se déclare avec la déclaration complémentaire 2042 C PRO, et le régime réel avec le formulaire 2031-SD reporté sur la 2042 C PRO. Selon service-public.gouv.fr, le loueur au micro-BIC indique le montant brut de ses recettes en ligne ou sur le formulaire 2042 C PRO, avec son numéro SIRET, et le loueur au réel remplit le formulaire 2031-SD puis reporte les montants.

La brochure pratique 2026 reprend la déclaration 2042 C PRO pour les revenus de 2025, où le régime micro-BIC se déclare sur trois lignes selon le type de location (recettes brutes, sans déduire aucun abattement) :

Ligne (déclarant 1)Type de location meublée
5NGLocations de chambres d'hôtes et de meublés de tourisme classés
5NHLocations de meublés de tourisme non classés
5NIAutres locations meublées

Les déclarants 2 et 3 utilisent les lignes 5OG, 5OH, 5OI et 5PG, 5PH, 5PI. Une ligne distincte existe aussi pour les locations soumises aux cotisations et contributions sociales par les organismes de sécurité sociale (5NJ, 5NK et 5NL pour le déclarant 1), c'est le cas des loueurs dont les cotisations sont recouvrées par les organismes de sécurité sociale (voir le seuil de 23 000 € plus bas). L'administration confirme la ligne 5NH dans son dépliant « Comment déclarer mes revenus issus de la location meublée ? » : recettes brutes portées sur la 2042 C PRO, ligne 5NH, avec un abattement automatique de 30 %.

Les numéros de lignes peuvent changer d'une campagne à l'autre : reprenez toujours la brochure pratique de l'année et la déclaration en ligne, qui renseigne les bonnes cases selon vos réponses. Ce guide se base sur la déclaration des revenus de 2025, déposée au printemps 2026 (brochure pratique 2026, formulaire 2042 C PRO).

Comment déclarer son activité et obtenir un SIRET ?

Avant la première déclaration de revenus, il faut déclarer le début de l'activité de loueur en meublé sur le guichet des formalités des entreprises, ce qui donne un numéro SIRET. Selon service-public.gouv.fr, la démarche est gratuite et doit être faite dans les 15 jours qui suivent le premier jour de location ; elle permet d'obtenir le SIRET à reporter sur la déclaration de revenus. Le SIRET reste consultable dans votre espace personnel du guichet, et l'Insee ne délivre plus de certificat d'immatriculation depuis le 1er janvier 2023 (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 30 janvier 2025).

Cette même immatriculation déclenche une autre obligation : la cotisation foncière des entreprises. Elle a son propre calendrier, présenté dans notre guide de la CFE en location meublée.

Façade d'un centre des finances publiques avec drapeau tricolore, à Remiremont dans les Vosges
Façade d'un centre des finances publiques avec drapeau tricolore, à Remiremont dans les Vosges

Photo : Mathieu Kappler, Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.

Que faut-il compter dans ses recettes ?

En micro-BIC, il faut déclarer le montant brut de ses recettes annuelles, sans déduire les charges. Cette formulation figure à la fois sur la fiche de service-public.gouv.fr (« le montant brut de vos recettes ») et dans le dépliant de l'administration (« recettes brutes, sans déduire aucun abattement »). Puisque les charges ne sont pas déductibles au micro-BIC, c'est l'abattement de 30 % ou de 50 % qui est censé les couvrir. Les frais de plateforme entrent donc, selon cette lecture, dans les charges couvertes par l'abattement et non dans une déduction séparée. C'est un point à confirmer avec l'administration ou votre comptable, car les relevés annuels des plateformes présentent parfois un montant net de commission.

Concrètement, rassemblez toute l'année civile :

  1. les versements des plateformes (Airbnb, Booking, Abritel) pour les séjours de l'année ;
  2. les réservations directes encaissées par virement, par carte ou en espèces ;
  3. les services payants facturés au voyageur et encaissés (en principe à inclure, à confirmer selon la nature du service).

Notre article sur la fiscalité de la location courte durée donne le cadre général, et celui sur la facturation électronique explique les obligations de facture qui complètent la déclaration.

Un exemple chiffré : que reste-t-il d'imposable ?

Voici un calcul illustratif, établi à partir des taux officiels cités plus haut. Calcul Majordia à partir de service-public.gouv.fr : avec 12 000 € de recettes brutes, la base imposable au micro-BIC est de 8 400 € pour un meublé non classé (abattement de 30 %) et de 6 000 € pour un meublé classé (abattement de 50 %). Ces montants s'ajoutent à vos autres revenus et sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu : l'impôt dépend donc de votre tranche, et ce calcul ne le donne pas.

Avec 20 000 € de recettes, le meublé non classé dépasse le plafond de 15 000 € : le régime réel s'applique de plein droit, avec le formulaire 2031-SD. Le même loyer annuel sur un meublé classé reste au micro-BIC, puisque le plafond est de 77 700 € pour les recettes de 2025. Le dépliant de l'administration précise qu'en cas de régime réel, si les recettes dépassent 37 500 € et que le loueur réalise plusieurs prestations para-hôtelières, il doit facturer de la TVA tout en pouvant déduire la TVA payée sur ses achats : à vérifier selon votre situation.

Quand le régime réel devient-il plus intéressant ?

Le régime réel devient plus intéressant quand vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, notamment si vous empruntez ou investissez beaucoup. Selon service-public.gouv.fr, le régime réel permet de déduire les charges supportées dans l'intérêt de l'activité, à condition de les justifier, par exemple l'amortissement du prix d'achat du logement et des meubles. Un déficit peut être déduit des revenus de location meublée non professionnelle de la même année et des 10 années suivantes ; il n'est déductible du revenu global que pour un loueur professionnel.

La comparaison est simple à poser : additionnez vos charges de l'année (intérêts d'emprunt, ménage, linge, assurance, taxe foncière, abonnement, amortissements) et comparez-les à 30 % ou 50 % de vos recettes. Si elles sont nettement plus élevées, le réel mérite une simulation avec un comptable. Si elles sont plus faibles, le micro-BIC est plus simple et moins coûteux en gestion.

À partir de quand paie-t-on des cotisations sociales ?

Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles, la location meublée de courte durée entraîne des cotisations sociales. Selon service-public.gouv.fr (fiche vérifiée le 20 février 2026), pour l'Urssaf, l'activité relève de la gestion du patrimoine privé et ne donne pas lieu à cotisations lorsque les recettes sont inférieures ou égales à 23 000 € : vous payez alors uniquement des prélèvements sociaux. Au-delà de ce seuil, la location meublée « professionnelle » impose des cotisations sociales.

Pour un meublé de tourisme, la fiche précise qu'en dessous de 15 000 € de recettes, vous ne payez pas de cotisations sociales, mais que vous devez toujours déclarer vos recettes. Entre 23 000 € et le plafond du micro-BIC, la fiche vous demande de vous enregistrer sur le guichet des formalités des entreprises et de choisir un régime d'affiliation. Ces règles sont différentes pour les revenus de 2025 et de 2026 : relisez la fiche à jour de l'année concernée et confirmez avec votre Urssaf.

Et la location d'une pièce de sa résidence principale ?

Louer une pièce de son habitation principale à des personnes de passage est exonéré tant que les revenus ne dépassent pas 760 € TTC par an. Selon service-public.gouv.fr, cette exonération joue pour une location occasionnelle ; pour une location habituelle, un dispositif distinct, ouvert jusqu'au 31 décembre 2026, dispense de déclarer les revenus si la pièce louée constitue la résidence principale du locataire et si le loyer reste dans des limites annuelles au mètre carré (215 € en Île-de-France et 159 € dans les autres régions pour les revenus de 2026, hors charges). Le dépliant de l'administration confirme le seuil de 760 € par an pour les pièces de la résidence principale. Si vous louez au contraire un logement entier à des voyageurs, ce cas ne s'applique pas.

Les erreurs fréquentes à éviter

Les erreurs les plus fréquentes viennent d'un régime ou d'un plafond mal identifié, plus que d'un oubli de ligne. Voici les cinq points de contrôle les plus utiles :

  1. Confondre classé et non classé. Le plafond passe de 15 000 € à 77 700 € (83 600 € pour les recettes de 2026) selon le classement ; vérifiez votre arrêté de classement.
  2. Oublier la déclaration d'activité. Sans SIRET, la déclaration de revenus ne peut pas être renseignée correctement.
  3. Déduire des charges au micro-BIC. Elles ne sont pas déductibles : l'abattement les remplace.
  4. Négliger l'option pour le réel. Elle se reconduit tacitement ; vérifiez-la chaque année avant la date limite de déclaration.
  5. Laisser de côté les autres impôts locaux. La CFE et, selon les cas, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires s'ajoutent : voir notre guide de la taxe d'habitation et de la location saisonnière.

L'essentiel à retenir

Information

  • Les recettes se déclarent en BIC sur la 2042 C PRO : lignes 5NG (classé ou chambre d'hôtes), 5NH (non classé) et 5NI (autres meublés) pour le déclarant 1.
  • Le micro-BIC applique un abattement de 50 % (classé, plafond de 77 700 € pour les recettes 2025, 83 600 € pour 2026) ou de 30 % (non classé, plafond de 15 000 €).
  • Au-delà du plafond, le régime réel s'applique : formulaire 2031-SD reporté sur la 2042 C PRO.
  • Il faut un SIRET, obtenu gratuitement sur le guichet des formalités des entreprises dans les 15 jours du premier jour de location.
  • Au-delà de 23 000 € de recettes annuelles, des cotisations sociales s'ajoutent.

FAQ

Quelle ligne de la déclaration pour un meublé de tourisme non classé ?

C'est la ligne 5NH de la déclaration complémentaire 2042 C PRO, où vous reportez vos recettes brutes sans déduire d'abattement. L'abattement de 30 % est appliqué automatiquement par l'administration, avec un minimum de 305 € (dépliant de l'administration fiscale).

Mon meublé classé dépasse 77 700 € de recettes : que se passe-t-il ?

Le régime réel s'applique de plein droit. Pour les recettes de 2025, service-public.gouv.fr indique que la première ou la deuxième année de dépassement, vous pouvez bénéficier du micro-BIC une année supplémentaire, avec un abattement différent : la fiche donne 71 % dans ce cas pour 2025. Vérifiez votre situation exacte avant de déclarer, car ce régime transitoire dépend de l'année.

Peut-on déduire la commission Airbnb ou Booking ?

Au micro-BIC, les charges ne sont pas déductibles : l'abattement forfaitaire les remplace. Au régime réel, vous déduisez les charges justifiées, ce qui inclut en principe les frais de plateforme ; c'est à confirmer avec votre comptable pour le traitement exact de votre situation.

Faut-il déclarer si les recettes sont inférieures à 305 € ?

Oui, vous déclarez vos recettes, mais l'abattement minimal de 305 € ramène la base imposable à zéro : aucun impôt n'est dû, selon service-public.gouv.fr. Le seuil de 15 000 € concerne, lui, les cotisations sociales d'un meublé de tourisme.

À quelle date déclarer les revenus de location 2026 ?

Selon service-public.gouv.fr, les revenus perçus en 2026 se déclarent en avril 2027 ; la date limite exacte dépend de votre département et de la campagne, publiée par l'administration fiscale chaque année.

Un expert-comptable est-il obligatoire ?

Non, aucune source lue ne l'impose. Au micro-BIC, la déclaration en ligne suffit en général. Un professionnel devient utile au régime réel (formulaire 2031-SD, amortissements) ou pour comparer micro-BIC et réel.

Préparer sa déclaration dès l'automne

Le plus simple est de tenir un tableau annuel de vos recettes, séjour par séjour, avec le type de meublé (classé ou non) et le montant brut encaissé. Avec le livret d'accueil digital Majordia, chaque logement dispose d'un livret accessible par QR code, avec des rubriques pour le Wi-Fi, le digicode, les contacts et les numéros d'urgence, traduit automatiquement en six langues : c'est du temps gagné pendant les séjours, pas un outil de déclaration fiscale. Les formules sont détaillées sur la page Tarifs. Majordia ne calcule pas votre impôt : pour la déclaration elle-même, appuyez-vous sur l'administration fiscale, votre Urssaf et un professionnel.

Voir aussi : le pilier fiscalité et la loi Le Meur et Declaloc pour les obligations d'enregistrement du meublé.

Crédits images. Couverture : photo « a calculator and a pen sitting on top of a piece of paper » d'Aaron Lefler, Unsplash, licence Unsplash. Illustrations : Jack ma (CC BY-SA 3.0) et Mathieu Kappler (CC BY-SA 4.0), via Wikimedia Commons ; images converties au format WebP et redimensionnées.

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